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  • : Azzédine TAIBI
  • Azzédine TAIBI
  • : Bienvenue sur mon blog. Il vous rendra compte de mon action et de mon engagement en tant qu'élu à la Mairie de Stains et au Conseil général de la Seine-Saint-Denis. Il vous informera de mes prises de position et des combats politiques que je mène au quotidien avec et pour les citoyens. Ce blog est aussi l'occasion de recueillir vos remarques et vos propositions pour construire une alternative politique. Alors sans plus tarder, bonne visite et à très bientôt !
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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 13:40

fukushima.jpgLe 11 mars 2011, le Japon était frappé par une catastrophe inédite, cumulant un tremblement de terre, un tsunami et un terrible accident nucléaire. A l’époque, Cidéfil avait recueilli les sentiments et réflexions d’un député communiste japonais de l’une des régions touchées. Un an après, nous avons voulu revenir vers lui et faire le point avec lui de la situation sur place. Un témoignage émouvant sur la grande détermination des Japonais.

 

1. Où en est la situation dans les régions les plus dévastées ?

 

Une année s’est écoulée depuis le 11 mars 2011, jour où un énorme tremblement de terre et un tsunami ont frappé la région de l’est du Japon, causant un nombre de morts et de disparus à ce jour d’environ 20000 personnes. Dans les préfectures d’Iwate, Miyagi et Fukushima, qui ont subi les dégâts les plus lourds, la population frappée par le désastre se bat pour reconstruire son existes habitations et la vie dans les quartiers.

 

Même si un rayon d’espoir commence à briller grâce à la solidarité entre les victimes et entre les personnes touchées et le public en-dehors des régions affectées, la reconstruction sur le terrain est douloureusement lente, car le gouvernement n’est pas assez actif. Encore aujourd’hui, 340000 victimes continuent de vivre dans des abris provisoires. Alors que la vie et l’activité des régions touchées par le désastre restent très précaires, le gouvernement a commencé à mettre un terme aux mesures d’aide d’urgence aux victimes, y compris la gratuité des soins, une réduction sur les frais médicaux et la prolongation du versement des allocations chômage. Le Parti communiste japonais (PCJ) demande au gouvernement non seulement de maintenir ces mesures d’aide, mais aussi de mettre en place une assistance particulière pour les personnes vivant en-dessous du niveau de pauvreté.

 

Il est essentiel d’impulser la reconstruction des commerces et des habitations et de donner du travail aux citoyens pour contribuer à la relance des régions dévastées. La pêche, activité fortement touchée par le tsunami, doit bénéficier de la reconstruction des bateaux, des équipements de pisciculture, des marchés, des usines agro-alimentaires et des bâtiments de stockage et de transports. Les terres contaminées par l’eau de mer vont devoir être nettoyées et désalinisées pendant des années avant d’être de nouveau cultivables. Il faut donc augmenter et pérenniser le budget pour ces mesures.

 

Les PME ont perdu leurs usines et boutiques. Il faut leur accorder des prêts pour redémarrer leur activité, même si elles doivent continuer à payer les arriérés de leur dette. Il s’agit de problèmes de « prêt dual » qui appellent une aide. Il faudrait au moins abandonner les dettes antérieures au désastre pour que les industriels et les commerçants touchés puissent redémarrer correctement leur activité. Un cadre d’allègement du prêt dual a certes été mis en place, mais le gouvernement et les créditeurs essayent de limiter le degré d’éligibilité à l’annulation de la dette. Le PCJ s’est battu pour une aide effective aux problèmes de prêt dual pour rendre éligibles tous les propriétaires de commerces et toutes les entreprises qui souhaitent reprendre leur activité.

 

Nous devons reconstruire les maisons de toute urgence. Jusqu’au grand tremblement de terre de Hanshin-Awaji en 1995, le gouvernement avait refusé de dépenser de l’argent public pour la reconstruction des maisons individuelles frappées par la catastrophe, estimant avec entêtement que ce n’est pas à un pays capitaliste de mettre des fonds publics dans une propriété privée. La mobilisation de l’opinion a réussi à modifier l’attitude du gouvernement par une loi qui octroie une somme d’argent pour la reconstruction des habitations privées. Il faut encore en accroître le montant et l’étendue en insistant sur la construction de plus de logements sociaux pour les habitants touchés par la catastrophe. Parfois, c’est un tout un quartier résidant dans un quartier à faible altitude qui doit déménager vers une zone plus élevée, du fait de la menace persistante d’un tsunami. Le gouvernement devrait donc répondre avec souplesse à la diversité des besoins en matière de sécurité des habitations.

La crise provoquée par la catastrophe nucléaire de la centrale TEPCO n°1 de Fukushima se poursuit, avec un nombre croissant d’habitants qui doivent fuir les zones contaminées. Cette contamination radioactive menace la santé des citoyens, tout particulièrement des enfants, provoquant des dégâts considérables sur l’agriculture, la pêche, la forêt et toutes les autres industries, de même que sur la sécurité alimentaire. Nous exigeons une décontamination approfondie et une réparation totale des dommages subis pour que la population de Fukushima puisse vivre de façon sûre et saine et que leurs activités et leur emploi soient protégés. Or TEPCO et le gouvernement cherchent à diviser les victimes, à réduire le montant des dédommagements et à limiter les zones de décontamination. Ceci est impardonnable. Nous tiendrons TEPCO et le gouvernement entièrement responsables de la décontamination et des dédommagements.

 

2. Quels sont les besoins des populations touchées ? Quelle solidarité pouvons-nous vous apporter et comment ?

 

A l’occasion du premier anniversaire de la catastrophe, nous avons reçu des messages chaleureux du monde entier, qui rendent hommage aux victimes et nous souhaitent de remonter la pente. Les messages destinés aux enfants touchés leur redonnent espoir et aident à la reconstruction. Nous avons vu un reportage sur un concert de soutien qui s’est déroulé à Paris à l’initiative de grands artistes. Nous, les Japonais, avons été très sensibles à la solidarité que vous avez exprimée en France.

 

3. Qu’en est-il des collectivités territoriales ? Comment réussissent-elles à fonctionner ?

 

Des municipalités dont les bureaux ont été balayés par le tsunami fonctionnent encore avec des bâtiments de fortune. Celles à proximité de la centrale n°1 de Fukushima ont évacué tout ou partie de leurs résidents et ont été obligées de déplacer leurs services dans d’autres municipalités.

 

Ces services municipaux n’ont eu de cesse d’organiser l’aide et la reconstruction pour les habitants. Mais comme elles n’ont que des moyens financiers limités, il faut que le gouvernement les aide dans leur immense travail de reconstruction. Le PCJ a récemment proposé au gouvernement quelques principes pour cette tâche, notamment que « la reconstruction soit réfléchie à partir d’un accord des habitants et menée à bien en coopération avec les municipalités, les préfectures et l’administration centrale, et financée essentiellement par le budget de l’Etat. »

 

4. Quel rôle spécifique jouent les élus communistes ?

 

Le PCJ a développé sans compter des actions de soutien immédiatement après le tremblement de terre et le tsunami. L’argent que nous avons collecté dans le monde entier, les bénévoles que nous avons envoyés dans les régions, les colis que nous avons réunis et apportés dans toutes les zones affectées ont été vraiment appréciés par les personnes touchées par la catastrophe.

 

Près de 70 adhérents du PCJ ont été tués ou restent disparus du fait de ce désastre. Parmi les personnes tuées, on compte notre camarade Oikawa Ichiro, conseiller municipal communiste de Rikuzen-Takata, de la préfecture de Iwate. D’après les témoignages des habitants, il a essayé de sauver ses concitoyens prévenant sans relâche « Un tsunami arrive, attention, partez ! », jusqu’à ses derniers instants.

 

L’esprit qui a prévalu à la création du PCJ est que nous nous consacrions à alléger les souffrances des gens. Les membres du PCJ qui habitent dans les régions dévastées se sont attelés à cette tâche, même s’ils étaient eux-mêmes touchés par la catastrophe. Ils ont sensibilisé les municipalités, les préfectures et l’administration centrale aux demandes et aux besoins des habitants concernés. Ceci explique que le PCJ ait remporté les élections préfectorales (régionales) d’Iwate, Miyagi et Fukushima en novembre dernier.

 

5. Votre position a-t-elle évolué sur l’énergie nucléaire ?

 

Après la crise provoquée par la catastrophe de la centrale n°1 de Fukushima, le PCJ a demandé que le Japon abandonne immédiatement l’énergie nucléaire et ferme toutes ses centrales. Même avant cela, le PCJ n’avait cessé d’alerter sur la dangerosité et les défauts intrinsèques à la production d’énergie nucléaire ainsi que sur le danger de concentrer des centrales nucléaires dans un pays soumis aux aléas de tremblements de terre et de tsunamis.

 

Au Japon, pas un jour ne passe sans entendre d’informations sur les méfaits liés à la catastrophe de la centrale nucléaire dont les effets continuent à se répandre géographiquement et pour des années et dont les conséquences sociales d’aggravent chaque jour. Désormais, une majorité de Japonais pense que le pays ne devrait pas satisfaire les besoins en énergie par l’énergie nucléaire. Nous allons faire tous les efforts pour développer la coopération avec de larges pans de l’opinion japonaise sur l’exigence d’un Japon sans centrales nucléaires.

 

Cela étant, l’industrie électrique et le gouvernement tentent désespérément de réduire à néant cette demande de l’opinion. Sur les 54 centrales nucléaires de notre pays, toutes sont hors-service du fait des contrôles réguliers qu’impose leur statut (la seule qui reste en service doit s’arrêter en mai de cette année). Le redémarrage des centrales nucléaires a suscité l’opposition de l’opinion publique et des autorités municipales préoccupées par la sûreté des centrales nucléaires. Comme l’approbation des municipalités et préfectures environnantes, passage obligé pour le redémarrage des centrales nucléaires, est de plus en plus difficile à obtenir, le gouvernement réfléchit à modifier la loi pour permettre la seule approbation du gouvernement lui-même.

 

Nous ne savons même pas ce qu’il en est de l’intérieur des centrales nucléaires détruites, sans parler des causes de l’accident. Le gouvernement, lui, se prononce avec agressivité pour le redémarrage des centrales. Le PCJ s’y oppose fermement, en lien avec les gouvernements locaux et les habitants.

 

Entretien réalisé par Lysiane Alezard pour Cidéfil.

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Published by azzédine TAIBI - dans POLITIQUE
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