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  • : Azzédine TAIBI
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  • : Bienvenue sur mon blog. Il vous rendra compte de mon action et de mon engagement en tant qu'élu à la Mairie de Stains et au Conseil général de la Seine-Saint-Denis. Il vous informera de mes prises de position et des combats politiques que je mène au quotidien avec et pour les citoyens. Ce blog est aussi l'occasion de recueillir vos remarques et vos propositions pour construire une alternative politique. Alors sans plus tarder, bonne visite et à très bientôt !
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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 23:35

Il y a 70 ans débutait la rafle du Vel' d'Hiv'. Du 16 au 17 juillet 1942, 13.152 Juifs étrangers réfugiés en France sont arrêtés.

Ce crime signe la participation de l'Etat français à la politique d'extermination des juifs d'Europe.


2012-07-16vel-dhiv

 

 

«Frères et sœurs (…), D’après les informations que nous recevons de source sûre, les Allemands vont organiser une rafle et une déportation massive de juifs. (…)

Le danger est grand ! (…) La question qui se pose pour chaque juif est : que faire pour ne pas tomber dans les mains des bandits SS ? Que faire pour hâter leur fin et ma libération ? (…)


1. Ne pas attendre à la maison les bandits. Prendre toutes les mesures pour se cacher et pour cacher en premier lieu les enfants avec l’aide de la population française sympathisante.

 

Ils étaient enfants lors de la rafle du Vél’ d’Hiv

 

Ils-etaient-enfants-lors-de-la-rafle-du-Vel-d-Hiv_article_m.jpg

 

Voilà soixante-dix ans, les 16 et 17 juillet 1942, plus de 4 000 enfants juifs étaient arrêtés lors de la rafle du Vél’ d’Hiv, à Paris, en même temps que leurs parents.

 

Ils allaient être déportés vers les camps de la mort en compagnie d’environ 9 000 juifs adultes, majoritairement étrangers.

Annette Krajcer et Maurice Rajsfus, qui firent partie des rares enfants rescapés, témoignent.

 

Annette Krajcer, médecin, âgée aujourd’hui de 82 ans, et Maurice Rajsfus, 84 ans, écrivain, n’oublieront jamais. Ils faisaient partie des 4 115 enfants arrêtés les 16 et 17 juillet 1942 avec plus de 9 000 juifs étrangers adultes. Une rafle plus massive que les précédentes. Surtout, c’était la première fois que des enfants et des femmes étaient interpellés avant d’être déportés vers les camps de la mort.

 

 « L’épisode a été tellement douloureux que je témoigne surtout en mémoire des victimes »,  insiste Annette Krajcer, qui avait alors 12 ans. En ces funestes journées, elle est arrêtée avec sa sœur Léa, 14 ans, et sa mère au domicile familial, à Paris. Le père est absent, travaillant alors dans les Ardennes dans une société d’exploitation agricole.

Les deux parents étaient venus en France au début du XXe  siècle avec leurs propres parents, qui fuyaient la pauvreté et les pogroms dans l’empire tsariste. « Nous avons été d’autant plus choquées,  raconte Annette Krajcer, que notre mère, française de cœur et de culture, n’avait pas cru que dans ce pays, même occupé, des femmes et leurs enfants, pour la plupart français car nés ici, risquaient d’être arrêtés. »  

« Devenue mère moi-même, j’ai souvent pensé aussi à la douleur que celles-ci avaient dû éprouver  »

Les deux fillettes ont la hantise d’être séparées de leur mère. Durant trois jours et trois nuits, elles vont rester enfermées dans des conditions très éprouvantes : « Nous étions dans le Vélodrome surpeuplé, sous une verrière chauffée à blanc, sans aucune structure d’accueil, sans sanitaires aménagés, sans eau, sans lait pour les petits, alors qu’il faisait très chaud, et dans un brouhaha continu… »  Puis c’est le transfert, via la gare d’Austerlitz, au camp de Pithiviers (Loiret), en wagons à bestiaux clos, sous escorte de gendarmes français : « Nous avons découvert un camp avec clôture de barbelés, miradors et baraques en bois alignées où des hommes juifs étrangers arrêtés à Paris en 1941 avaient été auparavant internés. »  

Dix jours plus tard, c’est la dislocation des familles tant redoutée par les deux sœurs. Les parents sont envoyés à l’Est. Le premier convoi, le 31 juillet, est en majorité composé d’hommes. Le convoi des mères partira le 3 août. « Aveuglée par les larmes, désespérée par notre impuissance,  confie Annette Krajcer, j’étais dans une telle souffrance que je ne voyais rien d’autre que notre mère s’éloigner. Bien des années plus tard, devenue mère moi-même, j’ai souvent pensé aussi à la douleur que celles-ci avaient dû éprouver. »  

Le 15 août 1942, un millier d’enfants de Pithiviers sont convoyés à Drancy avant d’être déportés vers les camps d’extermination. Annette et Léa assistent alors « avec effroi »  à la tonte des cheveux de ceux qui devaient partir dans un premier convoi. Devant faire partie du convoi suivant, elles échapperont in extremis à la déportation grâce à l’intervention d’une cousine, secrétaire du directeur juif du camp, qui a fait disparaître leurs noms de la liste. Libérées en septembre, elles seront recueillies par leur grand-mère maternelle, française. Puis, en janvier 1944, elles seront cachées dans une institution catholique de Maisons-Laffitte (Yvelines), avant de retrouver leur père à la Libération, et après avoir attendu en vain leur mère (1).

« Cette rupture brutale m’a davantage éprouvé que l’arrestation du matin  »

Maurice Rajsfus doit également à un concours exceptionnel de circonstances d’être resté en vie. Le 16 juillet 1942, à 5 heures du matin, deux policiers frappent à la porte du petit appartement où il habite avec ses parents et sa sœur Jenny, de deux ans son aînée, dans un quartier populaire de Vincennes, dans la banlieue est de Paris. L’un des deux agents était, l’année précédente, un voisin de palier de la famille.

 « Nous n’avons pas été surpris,  se remémore l’écrivain. Cela faisait des mois que le bruit d’une nouvelle vague d’arrestations courait. »  Même s’ils n’en montraient rien, les parents de Maurice étaient inquiets. Juifs polonais arrivés en France au début des années 1920, ils n’avaient pas oublié la violence des persécutions dans leur enfance. Ils étaient sans nouvelles de deux frères du père de Maurice, arrêtés en mai 1941 à Paris. Et le port de l’étoile jaune, obligatoire depuis le 7 juin en zone occupée, ne laissait rien augurer de bon.

La famille Rajsfus va, dans un premier temps, être dirigée avec d’autres personnes dans un pavillon réquisitionné à Vincennes. Contre toute attente, en milieu d’après-midi, peu avant un transfert pour le Vél’ d’Hiv, un policier vient annoncer la possibilité pour les enfants nés en France de recouvrer la liberté. Les parents de Maurice et Jenny leur intiment aussitôt l’ordre de profiter de la proposition.

Les deux adolescents vont vivre le reste de la guerre sans leurs parents, qu’ils ne reverront jamais. « Cette rupture brutale m’a davantage éprouvé que l’arrestation du matin »,  rapporte Maurice Rajsfus. Devenu journaliste, il publiera, à partir des années 1980, plusieurs livres sur l’Occupation mettant notamment en cause la police pour son rôle durant cette période.

   


ANTOINE FOUCHET

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Published by azzédine TAIBI - dans POLITIQUE
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