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  • : Azzédine TAIBI
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  • : Bienvenue sur mon blog. Il vous rendra compte de mon action et de mon engagement en tant qu'élu à la Mairie de Stains et au Conseil général de la Seine-Saint-Denis. Il vous informera de mes prises de position et des combats politiques que je mène au quotidien avec et pour les citoyens. Ce blog est aussi l'occasion de recueillir vos remarques et vos propositions pour construire une alternative politique. Alors sans plus tarder, bonne visite et à très bientôt !
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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 09:32

CapturedubracEtre à la tête de trois cents chefs d'entreprise de Seine-Saint-Denis et se voir subitement retirer le label Medef, c'est ce qui vient d'arriver au patron de l'organisation patronale du 93.

Après des mois de guerre de structures, Francis Dubrac, dirigeant de l'entreprise de travaux publics du même nom, s'est vu exclure du Medef par un simple courrier en novembre.

Depuis, trois cents patrons attendent. "Malgré plusieurs mails, des demandes de rendez-vous, je n'ai eu aucune réponse de Laurence Parisot", assure l'entrepreneur évincé.

Entre le patron ami des communistes et les apparatchiks de l'avenue des Bosquets, le courant ne passe plus depuis longtemps.

La méthode et le ton employés dans la mise au pas de cette structure locale du Medef, qui rassemble de grandes entreprises telles L'Oréal, Generali, Orange ou Alstom, comme des petites PME, relève ainsi des pires caricatures politiques. En 2011, le Medef annonce vouloir réorganiser son réseau et décide de regrouper deux structures de la banlieue est : le "Medef est-parisien", qui regroupe des entreprises du Val-de-Marne et d'autres de l'est du 93, et le "Medef ouest", recouvrant les territoires de Plaine Commune, Pantin et le Bourget.


Vote contesté

Le premier est dirigé par Antoine Hollard, un proche de Mme Parisot, le second par le remuant Dubrac, petit-fils de patron résistant. Les deux hommes n'ont pas la même vision de l'organisation patronale : le premier souhaite une organisation de fédérations de métiers, le second, une structure où les entreprises adhèrent directement pour être au plus près des spécificités des territoires.

Le premier est un proche de Laurence Parisot, le second, copain avec Patrick Braouezec, député rénovateur et président de Plaine Commune. C'est finalement M. Hollard qui se fait élire président de la nouvelle structure Medef 93. Le vote est aussitôt contesté – M. Hollard est accusé de s'être assuré la victoire avec les cotisations de patrons du 94, un jour où son adversaire ne pouvait être présent –, et le conflit va durer deux ans. Jusqu'à ce que le national décide d'évincer définitivement M. Dubrac.

"Vous ne pouvez vous prévaloir d'un lien quelconque avec le Medef", écrit Bruno Lucas, président de la commission réseau territorial de la direction nationale, pour lui signifier son exclusion. Le courrier prie donc le petit entrepreneur du 93 "de ne plus utiliser la marque" et de fermer son site Internet. "Laurence Parisot vire 300 patrons pour s'entourer de fidèles au moment où elle tente de rester à la tête du Medef", analyse M. Dubrac, amer. Une médiation avait été confiée à l'instance régionale, qui avait conseillé une réorganisation du nouveau Medef 93 avec un poids plus important aux chefs d'entreprises et une plus grande proximité avec leur territoire. En vain. Le patron "ami des cocos" sent trop le souffre.


"Patron, fils de patron"

Quand cet ingénieur de formation reprend le Medef au début des années 1980, le territoire se meurt de désindustrialisation. La Plaine-Saint-Denis ne semble plus qu'une immense friche, les communes à côté sombrent aussi et les entreprises ont du mal à rester. Dubrac, lui, y croit dans ce territoire où s'est installé son grand-père. C'est ici que ce paveur a fondé son entreprise de travaux publics en 1923. Refusant de travailler pour les Allemands, il en sera récompensé par la mairie communiste qui, pour reconstruire la ville, ostracise tous les anciens collabos. Le petit Francis grandit à Saint-Denis, y fait ses études, reprend l'entreprise familiale, et construit sa maison aux Francs-Moisins.

"C'est un patron, fils de patron, pas un patron de gauche. Mais il est très attaché à cette banlieue. Il a été le premier à parier sur la mutation économique du territoire", estime Stéphane Peu, adjoint PCF au logement. Quand le Stade de France est annoncé en 1992, Patrick Braouezec lui propose naturellement de prendre la tête de l'association de promotion de Saint-Denis et de son office du tourisme. "Il fallait de l'élan pour promouvoir 650 hectares de désert industriel", se souvient l'homme à l'humeur faconde. Aujourd'hui, explique-t-il, ce sont 1,4 millions de mètres carrés de bureaux, 40 000 salariés, 15 000 nouveaux habitants, bref, "une nouvelle Défense" dont il est fier. Alors, qu'importe qu'il soit vu comme le "patron gauchiste". "Je suis fidèle en amitié", assume-t-il.


Une page dans "L'Huma"

A ses yeux, c'est ce dynamisme économique hors norme que lorgne le Medef : "C'est pour ça qu'ils veulent mettre la main sur la Seine-Saint-Denis. Mais c'est un territoire rebelle, même chez le patronat", assène Francis Dubrac, bravache. La preuve ? "La plupart des patrons, mêmes des grands groupes, sont restés. On est une association de joyeux lurons patronaux d'un des territoires les plus dynamiques d'Ile-de-France." "Le Medef a besoin d'être à l'image des territoires", continue-t-il de clamer, soucieux de se faire encore entendre et de peser.

Au siège national, on assure "regretter la démission" de M. Dubrac et de sa structure. "D'autant qu'il y a de belles entreprises en son sein", ajoute Bruno Lucas. "Je suis prêt à discuter pour trouver une représentation des chefs d'entreprise de toute la Seine-Saint-Denis", assure-t-il encore. Jusqu'à réintégrer le patron des communistes ? "Je n'ai aucune nouvelle", tranche l'intéressé. Alors, il continue à faire du bruit. L'Humanité lui a consacré une page le 16 janvier, intitulée sobrement "Quand Laurence Parisot licencie 300 patrons".


Source Journal "Le Monde" de Sylvia Zappi 

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Published by azzédine TAIBI - dans POLITIQUE
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