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  • : Azzédine TAIBI
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  • : Bienvenue sur mon blog. Il vous rendra compte de mon action et de mon engagement en tant qu'élu à la Mairie de Stains et au Conseil général de la Seine-Saint-Denis. Il vous informera de mes prises de position et des combats politiques que je mène au quotidien avec et pour les citoyens. Ce blog est aussi l'occasion de recueillir vos remarques et vos propositions pour construire une alternative politique. Alors sans plus tarder, bonne visite et à très bientôt !
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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 23:22

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Dans un rapport publié mardi matin, les Sages de la rue Cambon estiment que le Programme National de Rénovation Urbaine (PNRU) mis en œuvre en 2003 « n’a pas atteint ses objectifs », notamment en matière de mixité sociale dans les quartiers en difficulté. La Cour incite désormais à la concentration des efforts sur 6 départements prioritaires, et fait part de ses incertitudes quant à la poursuite du financement du PNRU.


Le rapport n’est pas flatteur pour les gouvernements – de droite – qui ont eu la charge de mettre en place la politique de la ville ces dix dernières années. La Cour des Comptes estime que « les objectifs fixés par le législateur sont loin d’être atteints » pour le PNRU, programme de soutien aux quartiers en difficulté. 40 milliards d’euros ont été investis sur la période 2004-2013, mais « ces crédits, malgré leur importance, ne permettront pas l’achèvement de tous les projets programmés dans les conventions », estime la Cour.


Mixité sociale en berne

Dans son bilan, elle déplore le fait que seulement « 53% des démolitions prévues ont été réalisées, 30% de l'offre a été reconstituée et 39% des logements ont été réhabilités », et relève que seulement 32 des 61 mesures édictées en 2011 sont en cours de réalisation. L’objectif fixé en 2003 d’améliorer la mixité sociale des quartiers en question et de réduire l’écart avec les villes alentour « n’a pas été atteint » : le taux de pauvreté dans les Zones Urbaines Sensibles (ZUS) est de 32.4%, soit presque le triple de celui des quartiers hors-ZUS (12.2%), le taux de chômage y reste deux fois plus important qu’ailleurs, et le niveau de vie moyen des ménages est y inférieur de moitié à la moyenne nationale.


Des dispositifs qui s’empilent

Les raisons de cet échec, selon la Cour : « Une géographie prioritaire trop complexe et, surtout, la dilution des interventions sur un nombre trop important de zones ». Les dispositifs s’empilent, impliquant trop de territoires et trop d’acteurs, eux-mêmes mal coordonnés et insuffisamment pilotés par les gouvernements au pouvoir, selon les Sages, qui évoquent « la multiplication des procédures mal articulées ». Il existe en effet 751 Zones Urbaines Sensibles réparties partout dans l’hexagone, ainsi que 2.493 quartiers bénéficiant de Contrats Urbains de Cohésion Sociale dont 70% ne sont même pas classés en ZUS.

 

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Saupoudrage des moyens

Résultat de cette organisation trop complexe : les ressources dédiées à la politique de la ville ne sont pas toujours affectées aux territoires qui en ont le plus besoin. La Cour des Comptes montre ainsi qu’en Île de France, la Seine-Saint-Denis est le département qui bénéficie du moins d’aides publiques après Paris, alors qu’il est le plus pauvre de la région. Pour en finir avec le saupoudrage et parvenir à une politique enfin efficace, la Cour recommande donc de concentrer les efforts et les crédits sur les 6 zones les plus en difficulté : la Seine-Saint-Denis, le Val d'Oise, le Nord de l’Essonne, les Bouches du Rhône et enfin le Rhône.


Mais un tel ciblage s’avère être une mesure complexe : il faut choisir parmi les 4,4 millions de personnes qui vivent en ZUS (soit 7% de la population française) lesquelles seront aidées ou non. Le gouvernement Fillon avait repoussé ce chantier, délicat sur le plan politique à l’approche des élections, à 2014. La Cour des Comptes souhaite désormais le voir initié « effectivement dès 2012 ».


Durant sa campagne, François Hollande s’était engagé en faveur d’un nouveau plan de rénovation urbaine, et va devoir s’attaquer sans tarder à ce dossier. Mais la question des moyens pèsera sur sa réalisation : le ministre délégué à la ville François Lamy doit déjà trouver 6 milliards d’euros dès cette année pour boucler le financement du premier PNRU, et la Cour des Comptes estime que le financement du futur dispositif est « très incertain », à cause de l’impératif de réduction des dépenses publiques.

 

Source "L'Humanité"

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Published by azzédine TAIBI - dans POLITIQUE
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