Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Azzédine TAIBI
  • Azzédine TAIBI
  • : Bienvenue sur mon blog. Il vous rendra compte de mon action et de mon engagement en tant qu'élu à la Mairie de Stains et au Conseil général de la Seine-Saint-Denis. Il vous informera de mes prises de position et des combats politiques que je mène au quotidien avec et pour les citoyens. Ce blog est aussi l'occasion de recueillir vos remarques et vos propositions pour construire une alternative politique. Alors sans plus tarder, bonne visite et à très bientôt !
  • Contact

Archives

Liste D'articles

Pages

12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 11:21

François Hollande a exposé le 9 octobre les grands axes de sa politique éducative. On ne peut que se féliciter de l’importance accordée à l’école et des objectifs ambitieux qui ont été affichés : non seulement lutter contre l’échec scolaire, mais bien assurer la réussite de tous et construire l’école de l’avenir. On se réjouit encore de voir le président reprendre à son compte des propositions portées depuis longtemps par les organisations syndicales : scolarité des moins de 3 ans, plus de maîtres que de classes en primaire... Et quand François Hollande affirme la nécessité d’une refondation de l’école, nous disons : chiche !


Mais que deviendront dans les faits ces propositions face aux exigences des marchés financiers ? Comment seront-elles mises en œuvre si la France est condamnée à l’austérité par la ratification du pacte budgétaire européen ? Le PCF, avec tous les acteurs de l’éducation et l’ensemble des citoyens, saura rester vigilant pour que les bonnes intentions ne tournent pas court. L’idée que les devoirs des élèves doivent être pris en charge sur le temps scolaire a ainsi de quoi séduire : elle semble rompre avec le transfert des missions d’éducation du service public vers les familles et les collectivités locales. Elle va dans le sens de la prise en charge de l’ensemble des apprentissages nécessaires à la réussite des enfants par le service public d’éducation nationale... à condition que cette aide aux devoirs soit bien assurée par des enseignants sous statut de la fonction publique et sur leur temps de service, et non par des précaires ou des associatifs, payés par l’établissement ou la collectivité territoriale.


François Hollande répond à l’exigence d’un pré-recrutement des enseignants, permettant d’attirer plus de jeunes vers le métier et de leur assurer de bonnes conditions de formation, par des "emplois d’avenir professeurs" : des contrats de droit privés. Ces emplois vont obliger l’étudiant à travailler tout en finissant son master et en préparant son concours... Une mission impossible, qui ne peut que nuire à la formation. Déjà, l’ambition est sacrifiée aux exigences budgétaires. Déjà, le gouvernement remplace les grandes réformes par du bricolage, faute de vouloir y mettre les moyens nécessaires.


L’école a besoin de moyens nouveaux, mais tout n’est pas question de moyens. Et au-delà des difficultés budgétaires, le projet présenté par François Hollande a de quoi inquiéter. Pour enseigner des savoirs plus complexes à plus d’enfants, il faudra du temps. De ce point de vue, le retour annoncé à la semaine de 9 demi-journées est une bonne chose. Mais il ne doit pas servir de prétexte à la réduction du temps scolaire, sous prétexte de rythmes. Nos enfants n’ont pas besoin de moins d’école, mais de plus et mieux d’école.


Si les objectifs affichent un désir de rupture avec les politiques libérales des années précédentes, les mesures proposées, elles, s’inscrivent dans la droite ligne des réformes de l’école menées ces 10 dernières années. Ainsi, comment peut-on assurer la réussite de tous si les objectifs ne sont pas les mêmes pour toute une génération d’élèves ? En maintenant la distinction entre un socle commun enseignable à tous dans le cadre de la scolarité obligatoire et des programmes plus ambitieux, réservés aux quelques-uns qui seront destinés aux études longues, le projet socialiste refuse de rompre avec l’école inégalitaire. C’est le maintien d’une école à deux vitesses.


Comment donner à tous un même accès aux savoirs, si la politique éducative est différente d’un territoire à l’autre ?


Pour assurer la réussite de tous, il faut renforcer le cadre national du service public d’éducation et rompre avec toutes les mesures qui, sous couvert d’autonomie, ont mis les établissements et les territoires en concurrence les uns avec les autres. Au contraire, François Hollande propose de transférer toujours plus de compétences et de dépenses vers les collectivités territoriales !


Ce seraient ainsi aux régions de prendre en main la carte des formations professionnelles et le service public de l’orientation. Ce serait encore aux collectivités territoriales d’assurer l’accès des élèves à des activités périscolaires après la fin d’une journée de cours raccourcie. Ces mesures vont à l’encontre de l’objectif affiché de luttes contre les inégalités et s’inscrivent dans la continuité de la construction d’une école de la concurrence.


Depuis des années, nous nous battons contre la refondation libérale de l’école, qui fait régner la concurrence, aggrave les inégalités et divise les salariés et les citoyens de demain. François Hollande et le gouvernement doivent avoir le courage de rompre avec cette politique.


C’est urgent ! Le PCF continuera à travailler à la construction d’une école qui réponde à l’aspiration du peuple et aux besoins de l’avenir : une école de l’émancipation et de l’égalité, transmettant à tous une culture commune ambitieuse et donnant à chacun les moyens de maîtriser les choix individuels et collectifs auquel il sera confronté.


Il appelle tous les acteurs de l’éducation, tous les salariés, tous les citoyens à travailler à l’élaboration d’un projet progressiste pour l’école et à se mobiliser pour l’imposer.

Partager cet article

Repost 0
Published by azzédine TAIBI - dans POLITIQUE
commenter cet article

commentaires